Les activités scientifiques du Musée
Épilogue de la chronique consacrée aux activités scientifiques du Musée : les connexions entre les laboratoires du Musée Efisio Noussan et la raison pour laquelle ils étudient ensemble la nature valdotaine comme un écosystème intégré.
Au cours des dernières semaines, la chronique Laboratoires a présenté une à une les principales activités scientifiques du Musée régional de Sciences naturelles Efisio Noussan de Saint-Pierre : le laboratoire de biotechnologie, spécialisé dans le séquencage de l’ADN ; la Banque de Germoplasme végétal, qui conserve les graines d’environ 80 espèces végétales valdotaines à moins 20 degrés ; le secteur abiotique, dédié à l’observation des minéraux alpins à travers le microscope optique à polariseur en lumière transmise.
Des outils différents, des compétences différentes, des salles physiquement séparées. Mais pas des réalités indépendantes.
Comment le laboratoire de biotechnologie informe la Banque de Germoplasme
La connexion la plus directe entre les trois laboratoires est celle qui existe entre le laboratoire de biotechnologie et la Banque de Germoplasme. Conserver les graines d’une espèce végétale rare n’est une opération scientifiquement utile que si le matériel collecté est représentatif de la variabilité génétique présente sur le territoire. Pour savoir combien de populations distinctes d’une espèce existent en Vallée d’Aoste, et à quel point elles sont génétiquement différentes les unes des autres, une analyse ADN est nécessaire.
C’est exactement ce que produit le laboratoire de biotechnologie grâce aux techniques de génotypage de l’ADN : la caractérisation génétique des populations végétales à conserver. Cette information vient en appui de multiples décisions : où récolter les graines, en quelle quantité et sur combien d’individus différents, afin de garantir que la Banque de Germoplasme conserve la variabilité génétique de l’espèce et non pas seulement un échantillon local de celle-ci.
Sans cette connexion, la conservation du germoplasme risquerait de préserver une seule des populations présentes sur le territoire, perdant ainsi la diversité génétique qui constitue le véritable patrimoine à protéger.
La logique méthodologique partagée
Le laboratoire de biotechnologie et le secteur de microscopie appliquée à la minéralogie n’ont pas de connexions opérationnelles directes : l’un étudie l’ADN d’organismes vivants, l’autre s’occupe de l’observation microscopique de lames minces de roches. Mais ils partagent une structure méthodologique précise qu’il convient de reconnaître.
Tous deux partent d’un échantillon physique prélevé sur le terrain : un poil trouvé sur un grillage, une section de roche prélevée sur un affleurement. Tous deux soumettent cet échantillon à une préparation analytique qui le transforme en quelque chose d’observable à l’aide d’instruments spécialisés : l’extraction et l’amplification de l’ADN dans le premier cas, la réduction de la roche à une lame mince de 30 micromètres dans le second. Tous deux produisent une information qui ne pourrait pas être obtenue à l’œil nu : la séquence génétique d’une espèce, la composition minéralogique d’une roche.
Cette structure commune (échantillonnage, préparation, analyse instrumentale, interprétation) constitue la logique de la recherche naturaliste appliquée à des échelles et à des objets complètement différents. La reconnaître aide à comprendre pourquoi ces trois domaines scientifiques, bien que différents, appartiennent à la même institution et partagent la même mission.
Un système qui étudie un écosystème
La raison la plus profonde pour laquelle ces domaines scientifiques forment un système est que la nature qu’ils étudient est elle-même un système. Les roches déterminent la composition chimique des sols. Les sols déterminent quelles espèces végétales peuvent pousser dans un environnement donné. La végétation détermine la disponibilité des ressources alimentaires et des habitats pour la faune. La géologie, la flore et la faune ne sont pas trois domaines séparés de la nature valdotaine : ce sont trois niveaux d’un écosystème où chaque élément influence les autres.
Le secteur de microscopie observe les roches. La Banque de Germoplasme et le laboratoire de biotechnologie étudient la flore. Ce même laboratoire de biotechnologie étudie la faune à travers le suivi génétique non invasif. Trois domaines qui couvrent trois niveaux du même écosystème, avec des outils différents et des compétences différentes, mais avec un objectif commun : comprendre comment fonctionne le territoire valdotain et comment il évolue sous la pression du changement climatique.
Clôture de la chronique
Voici la conclusion de la chronique Laboratoires. Ce n’est pas la fin du travail qui lui a donné naissance : les activités scientifiques du Musée continuent de fonctionner chaque jour, derrière les salles du château, en produisant des données et des connaissances qui alimentent la recherche sur la biodiversité valdotaine.
Ce que le visiteur voit dans les salles—comme les animaux naturalisés, les minéraux, les collections entomologiques et les herbiers—est le résultat visible d’un travail dont les racines scientifiques sont bien plus profondes, allant des premières études des abbés savants aux recherches scientifiques les plus avancées entreprises par le Musée ces dernières années.
Photo: Archive RAVA